Dates historiques

1951 : Création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), premier organisme international chargé de mettre en place un marché commun de ces matières premières entre la France, la RFA, le Benelux, et l’Italie. Au-delà de son intérêt économique, cette association vise à prévenir tout conflit futur entre la France et l’Allemagne.

1957 : Signature du traité de Rome d’où naissent la Communauté économique européenne (CEE), et la communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom). La CEE a pour but de créer un marché commun global, d’unifier les politiques douanières, de réguler les prix des denrées agricoles, et à terme de mettre en place la politique agricole commune (PAC) qui deviendra effective en 1962. Son organe exécutif est la Haute Autorité, rebaptisée « Commission européenne » en 1958.

1966 : Compromis du Luxembourg. Charles de Gaulle s’oppose au reste des États membres sur des questions inhérentes au financement de la PAC et sur la modification du principe d’unanimité qui garantissait le libre accord de chaque pays dans le processus de décision de la CEE. Il entreprend alors un blocage baptisé « politique de la chaise vide », qui aboutira au Compromis. Est ainsi garanti à chaque État le droit de réclamer une renégociation d’un sujet jugé « d’intérêt vital » jusqu’à ce qu’il soit adopté à l’unanimité.

1967 : Signature du traité de Fusion qui entérine l’assimilation structurelle des trois Communautés (CECA, CEE, Euratom), placée sous le contrôle de la Commission.

1971 : Fin du système de Bretton Woods qui aboutit à la disparition définitive de l’étalon change-or. Le dollar cesse donc d’être la seule monnaie convertible en or, et cette matière est désormais cantonnée au rôle de valeur refuge. La fin de la convertibilité du dollar en or impose l’instauration d’un nouveau système.

1972: Création du Serpent monétaire européen. Anticipant le maintien des changes fixes, les pays de la CEE créent un mécanisme visant à stabiliser le change entre leurs monnaies nationales. Mais la crise mondiale impose un écart trop important aux monnaies qui ne pourront pas se maintenir dans ce système. Il est abandonné en 1978.

1973 : Instauration du système de changes flottants. Le système de change fixe disparaît. Désormais, les monnaies s’apprécient ou se déprécient en fonction de leur valeur sur le marché des changes, et non plus dans le cadre d’accords diplomatiques entre États.

1973 : Premier choc pétrolier. La fin du système de Bretton Woods entraine une baisse drastique du dollar. Parallèlement, le déclenchement de la guerre du Kippour voit les Occidentaux soutenir les Israéliens. Ces deux raisons motivent les pays arabes membres de l’OPEP à augmenter le prix du baril, puis à instaurer un embargo vers les pays trop proches d’Israël. Le rationnement provoque un mouvement de panique chez les pays consommateurs. La crise prend fin officiellement en 1974, mais ses effets vont perdurer.

1973 : Le Danemark, l’Irlande, et le Royaume-Uni rejoigne la Communauté économique européenne.

1978 : Second choc pétrolier lié aux troubles en Iran (révolution en 1979) et au déclenchement de la guerre Iran-Irak en 1980.

1978: Mise en place du système monétaire européen, héritier du Serpent monétaire. Le SME donne naissance à l’ECU, unité de compte européenne, un panier de monnaie servant à établir un cour pivot entre l’ECU et les monnaies nationales. Les monnaies européennes vont donc flotter ensemble autour de ce taux principal, le pourcentage variant selon leur attractivité sur le marché. L’ECU va en outre servir de monnaie de placement sur les marchés financiers, et réserve de changes aux banques centrales de la CEE. Néanmoins la trop grande disparité entre les monnaies va mettre à mal la viabilité du système et convaincre les partisans de la construction européenne qu’une monnaie unique est seul gage de stabilité. Le SME disparaîtra définitivement avec l’instauration de la zone euro, en 1999.

1981 : Adhésion de la Grèce.

1981: Élection de François Mitterrand, mise en place du programme commun. Résultant d’une union de toutes les gauches françaises, le programme commun instaure l’ISF, la nationalisation des secteurs industriels et financiers, ainsi qu’une augmentation généralisée des prestations sociales dans le cadre d’une politique de relance par la consommation. Les conséquences seront immédiates: explosion des déficits, inflation galopante et fuite des capitaux.

1983: Pour parer aux effets du programme commun, le gouvernement socialiste instaure un régime d’austérité et engage une politique économique dite de « désinflation compétitive ». Le franc est dévalué plusieurs fois, et le principe de dérégulation du secteur financier est admis afin de restaurer la confiance des acteurs du milieu.

1985 : Signature des accords de Schengen autorisant la libre circulation et l’effacement des frontières entre les pays du Benelux, l’Allemagne, et la France. Aujourd’hui l’espace Schengen compte 26 membres, dont la Suisse. Certains pays membres de l’UE n’en font cependant pas partie (Grande-Bretagne, Chypre, Roumanie, Bulgarie).

1986 : Signature de l’Acte unique européen.

1986 : Entrée de l’Espagne et du Portugal.

1990: Fin du contrôle des changes, mécanisme de surveillance de la circulation des capitaux et des devises étrangères sur le territoire nationale. Cette mesure est un prérequis indispensable à la mise en place du marché commun et à l’avènement prochaine d’une monnaie commune et unique.

1992 : Signature du traité de Maastricht, ratifié en France par voie référendaire. Ce traité est l’acte fondateur de l’Union européenne, laquelle repose sur le principe des Trois Piliers. En outre, le principe de marché commun est rendu effectif par la création de l’Union économique et monétaire (UEM) dont l’objectif principal est mettre en œuvre une autre disposition du traité : la création de l’euro.

1995 : Entrée de l’Autriche, de la Suède, et de la Finlande.

1997 : Signature du traité d’Amsterdam qui renforce les dispositions prises par Maastricht, et qui établit notamment une politique sociale commune à tous les pays membres de l’UE. Le champ de compétence des instances dirigeantes de l’UE se voit élargi (libre circulation, police, emploi…) dans le but de préparer l’entrée des pays d’Europe centrale et de l’est. Enfin, la méthode communautaire (vote à majorité qualifiée) tend à se généraliser, notamment sur les questions d’immigration.

1999 : Adoption de l’euro comme monnaie unique pour onze États-membres. L’euro est matériellement entré en circulation en 2002. Les pays utilisant cette monnaie font partie de la zone euro et sont au nombre de dix-sept aujourd’hui.

2001 : Signature du traité de Nice dont le but est de planifier le prochain élargissement de l’UE, notamment au niveau des institutions, de la gouvernance, et des prises de décisions.

2003 : Entrée de dix nouveaux États-membres : Chypre, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Lituanie, Estonie, Lettonie, Hongrie, et Slovénie.

2004 : Les dirigeants des pays-membres réunis à Rome adoptent le traité visant à instaurer une Constitution européenne. Celle-ci a pour but de regrouper en un seul texte l’ensemble des traités signés depuis 1957. L’objectif final est de dissoudre les Trois Piliers de l’UE, juridiquement parlant, afin de les intégrer à la structure même de l’UE et de généraliser la méthode communautaire. Le tout constituant donc un pas de géant vers le fédéralisme européen.

2005 : Rejet français du vote sur la question du traité établissant une constitution européenne, par 54,67% contre. Bientôt suivi par le rejet néerlandais, par 61,6% contre.

2006 : Premières manifestations de la crise des subprimes aux USA. Les subprimes sont des crédits hypothécaires émis par certaines banques américaines. Leur taux d’intérêt est très bas mais non plafonné, et donc soumis à d’importantes variations. Les banques détenant ces créances ont choisi de les titriser. Ainsi, les crédits subprimes ont été incorporés dans divers portefeuilles de créances quelconques qui, passant par des sociétés ad hoc, ont été mis à la disposition des marchés de capitaux animés par les banques et les fonds d’investissements.

2007 : Signature du traité de Lisbonne. Suite au rejet du traité de Rome, les pays-membres se réunissent à Lisbonne et adoptent un agrégat d’amendements en lieu et place d’un traité unique et constitutionnel. Les mêmes dispositions sont admises, elles viennent donc se greffer aux textes européens déjà existants au lieu de les remplacer. Cette astuce de procédure permet au traité de Lisbonne d’échapper au referendum dans les pays concernés. Le traité de Lisbonne dissout la structure en pilier de l’UE, la méthode communautaire est désignée « procédure ordinaire ». La PESC devient PCSD (politique commune de sécurité et de défense). Les accords affirment notamment le principe de soutien automatique aux manœuvres et à la politique de l’OTAN. Enfin le principe de subsidiarité est défini comme fondement de l’UE. Dans ce contexte précis, la subsidiarité signifie la volonté de préserver la capacité d’action des nations mais de la subordonner, si besoin est, à la volonté communautaire. Ce afin que l’UE puisse légiférer et agir directement auprès des citoyens des pays-membres.

2007 : Entrée de la Roumanie et de la Bulgarie, portant le nombre de pays-membres à vingt-sept, soit son chiffre actuel.

2008 : Faillite de la banque d’affaires américaine, Lehman Brothers. Depuis 2006, le krach des crédits subprimes révèle l’incapacité des débiteurs à faire face à la montée des taux d’intérêt, et donc de s’acquitter de leurs créances. La valeur des créances en question devient quasi nulle, il est donc impossible de s’en délester. Ainsi, une défiance généralisée s’instaure envers le système des montages financiers car n’importe lequel présent sur le marché est susceptible de contenir des crédits subprimes. L’incapacité à localiser les portefeuilles contaminés provoque une chute des marchés boursiers, les banques entrent en crise de liquidités et donc en crise de confiance. Pour se refinancer elles seront obligées d’invoquer l’aide des états et des banques centrales.

2012 : Adoption du Pacte budgétaire européen. Nouvelle étape sur la voie du fédéralisme, le PBE tend avant tout à limiter les déficits structurels des États-membres en imposant des contraintes budgétaires strictes, par le biais de la fameuse « Règle d’or ». L’objectif est donc dans un premier temps de maîtriser la dette publique des États en l’empêchant d’excéder 60% du PIB, et dans un second d’imposer une limite de déficit structurel établie à 0,5% du PIB, ce afin de présenter des budgets équilibrés. Le PBE, ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance  induit donc une stricte compression des dépenses et une politique fiscale sévère, il est annonciateur d’une politique de rigueur à échelle européenne.

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